Centre dentaire low-cost en France : le prix ou la qualité dentaire ?

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Nous assistons en France à un nouveau phénomène : le renoncement aux soins dentaires a ouvert la porte aux centres dentaires low-cost.

Depuis 2010, nous assistons en France à un nouveau phénomène. Il puise son origine dans le renoncement aux soins dentaires et à donné naissance au un modèle de centre dentaire low cost, qui est devenu l’objet de nombreuses dérives.

Eurodentaire apporte un peu de clarté au dentiste discount. En effet, une confusion demeure entre le modèle centre dentaire low cost en France et les cliniques dentaires dans des pays à moindre coût, où les prix sont bas mais le rapport qualité-prix élevé. Ces deux modèles diffèrent l’un de l’autre.

A la recherche de soins dentaires pas chers

On ne compte plus les études qui montrent que les français renoncent à des soins dentaires pour raison financière : au premier rang de ces soins dentaires, on retrouve les implants dentaires et les couronnes dentaires, qui font partie des soins coûteux et mal remboursés.

Cette difficulté d’accès à des soins dentaires pas chers existe depuis longtemps. Cela explique que les patients cherchent des solutions alternatives. Parmi elles, se rendre à l’étranger et notamment en Hongrie, est de plus en plus plébiscitée. Ce phénomène remonte aux années 90 est est appelé « tourisme dentaire ». En réalité, c’est bien pour se soigner les dents au meilleur rapport qualité prix que les patients franchissent les frontières, pas pour des vacances.

La Hongrie est reconnue pour la qualité de ses soins dentaires à petit prix. Budapest attire chaque année de nombreux patients européens. Aujourd’hui, la Hongrie est la première destination des français pour leurs soins dentaires si l’on se réfère la Sécurité sociale française, qui étudie et procède aux remboursements via le CNSE.

Se soigner les dents à l’étranger : de plus en plus de français y succombent

Le succès de la Hongrie vient de la capacité du pays à répondre de façon optimale à une demande dentaire non satisfaite dans de nombreux pays en Europe. La Hongrie offre des conditions très avantageuses, ce dont les Autrichiens bénéficient déjà depuis 30 ans. Suivis par les Allemands, les Anglais… Depuis une dizaine d’années les Français en emboîté le pas et se rendent de plus en plus nombreux à Budapest où il bénéficient d’un rapport qualité-prix optimal.

Centre dentaire low-cost en France

Les centres dentaires low cost en France répondent à une autre logique. Face à des prix trop élevés, des centres dentaires et dentistes low-cost sont apparus en France au début des années 2010. Ils sont rendus possibles par un assouplissement de la législation sur les centres de santé grâce à la Loi Bachelot.

Le modèle du dentiste discount qui exerce dans un centre low cost est né en France à ce moment précis.

Le modèle économique reprend certains recettes du modèle discount. Ces nouvelles cliniques un peu particulières reproduisent un modèle qui a fait ses preuves dans d’autres domaines et tentent de l’appliquer à la médecine. N’en déplaise à ses détracteurs, il se base sur une réalité simple : beaucoup de patients ne peuvent se soigner les dents en raison des prix. Dès lors, le modèle dentaire low cost répond à un besoin non satisfait au plan national. Il a même été porté en poupe par des discours partisans qui affirment qu’on ne peut bien se soigner que près de chez soi. La lettre adressée au Ministre par le collectif contre Dentexia est éloquente à cet égard et interroge sur les responsabilités de la profession.

Soins dentaires low cost en France : histoire du scandale

Les centres dentaires low-cost français n’ont pas finit de faire parler d’eux. Des victimes de centres sans scrupules se sont organisés sous un collectif de plusieurs milliers de victimes ; ils se battent contre les excès de centres dentaires low cost qui ont placé la rentabilité au dessus de la médecine dentaire.

Quel avenir pour les soins dentaires low cost?

Au-delà de la légitimité de bénéficier de soins abordables, des questions brûlent  les lèvres :

– le modèle de centre dentaire low-cost permet certes d’accéder aux soins, mais quid de la qualité?

– l’éthique indispensable à toute activité médicale est-elle compatible avec des prix bas ?

– Les services et l’attention que tout demandeur de soins attend sont-ils au rendez-vous ?

– Y a-t-il sélection des actes ?

–  Les centres dentaires à prix cassés peuvent-ils respecter les règles qui s’appliquent à tous les confrères de la profession libérale ?

– Quel est le taux de réussite des praticiens et in fine le coût médico-économique pour la société ?

La réponse à ces questions permettra de dire s’il faut se réjouir ou s’alarmer du développement des centres à bas prix sur tout le territoire national.

Centre low cost en France ou en Hongrie?

« Le modèle dentaire low-cost pose le problème de la pérennité », Nicolas Pineau – fondateur Eurodentaire

Le modèle dentaire low-cost en France ne s’applique pas aux pays où les coûts sont simplement moins élevés. Car ce que les cliniques dentaires en Hongrie peuvent offrir ne s’appuie pas sur une logique d’économies. Au contraire, c’est un système cohérent et structuré où les prix plus bas bénéficient directement au patient! En ce sens,  le modèle low-cost ne s’applique pas spécialement aux centres dentaires à l’étranger. Il peut tout aussi bien toucher des cliniques près de chez soi!

Les centres dentaires en Hongrie proposent leurs services depuis 30 ans, sans qu’il y ait à redire sur la qualité. C’est ce que dit le Centre National des Soins à l’Etranger, qui étudie les demandes de remboursement chaque année pour des soins faits à l’étranger.

Une chose est évidente : la médecine n’est pas un secteur comme les autres. En dentisterie, il paraît inconcevable de devoir choisir entre le prix et la qualité! Le loup est entré dans la bergerie est rien ne sera plus jamais comme avant : les dérives du low cost existent et un encadrement plus strict est à l’étude pour éviter de nouveaux scandales. Les cliniques low cost posent la question de leur pérennité mais comme en Hongrie, elles répondent à un besoin non satisfait auprès de la population.

Article du 31 mai 2013 mis à jour le 27 juin 2018