7 janvier 2020 / Eurodentaire

Baisse du reste à charge sur les soins de santé : rêve ou réalité ?

reste à charge

Le reste à charge baisse t-il réellement sur les dépenses de santé ? Cette nouvelle laisse pantois et incrédules de nombreux patients.

Si le reste à charge des français sur les dépenses de santé a baissé en 2018, la situation cache des disparités importantes relatives aux soins. Dans le même temps, le montant des cotisations mutuelles augmente.

Rien ne change malgré les promesses. Les sans dents resteront les sans dents… Les dents et les yeux mal remboursés, le tout c’est d’avoir une très très bonne mutuelle mais à quel prix… Je vois pas où l’on paie de moins en moins… Obligé de prendre des rdv avec spécialistes avec dépassement si on veut être soignés rapidement… je me suis tournée vers la Hongrie il y a plus de 2 ans…

Les retours des patients ci-dessus concernant la baisse du reste à charge dénotent une forte incrédulité.

Reste à charge : situation en trompe l’oeil

Les français payent globalement de moins en moins leurs soins. Le reste à charge global a diminué en 2018. Il atteint 213 € par an et par habitant, soit 7% à la charge des patients (source : Ministère des Solidarités et de la Santé). A titre de comparaison, ce montant était de 8,8% en 2013, ce qui représente une baisse réelle.

La situation est en trompe l’oeil, car certains soins comme les soins dentaires conservent un reste à charge très élevé (25 à 30%). Et le montant des cotisations augmente.

Soins dentaires en berne

Le coût des soins dentaires augmente régulièrement (+10% entre 2006 et 2015), notamment avec les actes non pris en charge ou les dépassements d’honoraires.

Simplement, les remboursements évoluent peu dans le secteur dentaire, si bien que le montant à charge dentaire augmente. Cette situation prive de nombreux candidats aux soins du traitement dont ils peuvent avoir besoin. Ils se tournent alors vers l’Europe et la Hongrie ou trouvent une alternative pour se soigner correctement.

La réforme qui commence en 2019 vise à baisser le montant à la charge des patients sur les soins dentaires. Elle permettra selon les autorités de réduire les montants à débourser par les ménages en ce qui concerne les soins dentaires. D’aucun arguent que loin de faciliter l’accès aux soins, c’est au contraire une médecine dentaire à deux vitesses qui s’annonce…

Reste à charge 0 : une solution pour faciliter l’accès aux soins ?

Et en attendant les résultats éventuels de la réforme amorcée en 2019 sur le reste à charge 0, les ménages paient une grande part du dentiste de leur poche !

Complémentaires santé et soins dentaires plus chers

La France reste un pays où les maladies de longue durée bénéficient généralement d’une prise en charge intégrale. De plus, le reste à charge global est l’un des plus bas de l’Union Européenne.

Cette situation masque cependant des inégalités dans l’accès aux soins de santé. En effet, les patients paient encore une grande partie de leurs soins dentaires. Et le reste à charge atteint des records. C’est notamment le cas des implants dentaires qui ne sont pas remboursés ou des prothèses qui sont mal prises en charge.

Mais surtout, les cotisations des complémentaires santé augmentent et doivent être prises en compte dans la baisse du reste à charge. Ce ne doit pas être un simple effet mécanique mais une réalité pour les patients !

La part de prise en charge des dépenses de santé par la Sécurité sociale tend à diminuer au profit des complémentaires santé. Les mutuelles prennent une part de plus en plus active aux remboursements des soins. Conséquence directe : les cotisations augmentent et limitent l’impact de la baisse du reste à charge pour le patient.

Reste à charge zéro : 1 milliard pour les complémentaires

Dans le cadre de la réforme du reste à charge de 2020, les complémentaires santé passent à la caisse. Selon l’organisme Carte Blanche Partenaires, elles devront débourser plus d’1 milliard d’euros.

Rien que pour le dentaire, 500 à 600 millions d’euros de dépenses supplémentaires sont prévues en 2023. Notamment, 266 millions sont liés à la revalorisation tarifaire des soins et l’augmentation des remboursements complémentaires sur les couronnes céramo-métalliques.

Avec un tel effort d’1 milliard demandé aux mutuelles pour le dispositif « 100 % santé », les cotisations risquent d’augmenter. Cela pourrait freiner la baisse du reste à charge, qui dès lors ne sera qu’une illusion et non une réalité.

Le reste à charge des Français baisse en apparence, mais pas pour tout le monde et des inégalités fortes demeurent. Le pourcentage des patients qui doivent renoncer à un soin dentaire en raison de son prix permettra de voir si la tendance est positive ou négative.

Dans ce contexte, le nombre de français qui décident de se soigner dans un autre pays de l’Union Européenne pour baisser le coût de la facture augmente chaque année.

Se soigner les dents à l’étranger : de plus en plus de français y succombent

Article de septembre 2018 mis à jour en janvier 2020