Baisse du reste à charge sur les soins de santé : rêve ou réalité ?

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Le reste à charge baisse t-il réellement sur les dépenses de santé ? Cette nouvelle laisse pantois et incrédules de nombreux patients.

Rien ne change malgré les promesses. Les sans dents resteront les sans dents… Les dents et les yeux mal remboursés, le tout c’ est d’avoir une très très bonne mutuelle mais à quel prix… Je vois pas où l ont paie de moins en moins… Oblige de prendre des rdv avec spécialistes avec dépassement si on veut être soignés rapidement… je me suis tournée vers la Hongrie il y a plus de 2 ans…

Les retours des patients ci-dessus concernant la baisse du reste à charge sont emprunts d’une forte incrédulité.

Si le reste à charge global des français sur les dépenses de santé a baissé en 2017, la situation cache des disparités importantes relatives aux soins. Dans le même temps, le montant des cotisations mutuelles augmentent.

Une situation en trompe l’oeil

Les français payent globalement de moins en moins leurs soins. Le reste à charge global a diminué en 2017 pour atteindre 223 € par an et par habitant, soit 7,5% à la charge des patients (source : France Info). A titre de comparaison, ce montant était de 8,8% en 2013, ce qui représente une baisse réelle.

Ceci étant, la situation est en trompe l’oeil, car certains soins de santé comme les soins dentaires conservent un reste à charge très élevé (entre 25 et 30%) et le montant des cotisations augmentent.

Soins dentaires en berne

Le coût des soins dentaires augmente régulièrement (+10% entre 2006 et 2015), notamment porté par les actes non pris en charge ou les dépassements d’honoraires.

Simplement, les remboursements évoluent peu dans le secteur dentaire, si bien que le reste à charge dentaire augmente. Cette situation prive de nombreux candidats aux soins du traitement dont ils peuvent avoir besoin. Ils se tournent dès lors vers l’Europe et la Hongrie ou trouvent une alternative qui leur permet de se soigner correctement.

La réforme sur le reste à charge qui commence en 2019 vise à baisser le montant à la charge des patients sur les soins dentaires. Elle permettra selon les autorités de réduire les montants à débourser par les ménages en ce qui concerne les soins dentaires. D’aucun arguent que loin de faciliter l’accès aux soins, c’est au contraire une médecine dentaire à deux vitesses qui va voir le jour…

Reste à charge 0 : une solution pour faciliter l’accès aux soins ?

Et en attendant les résultats éventuels de la réforme à venir en 2019 sur le reste à charge 0, les ménages paient une grande part du dentiste de leur poche !

Complémentaires santé et soins dentaires plus chers

La France reste un pays où les maladies de longue durée sont généralement intégralement prise en charge et où le reste à charge global est l’un des plus bas de l’Union Européenne.

Cette situation masque cependant des inégalités dans l’accès aux soins de santé, dans la mesure où les patients paient encore une grande partie de leurs soins dentaires, où le reste à charge atteint des records. C’est notamment le cas des implants dentaires qui ne sont pas remboursés ou des prothèses qui sont mal prises en charge.

Mais surtout, les cotisations des complémentaires santé augmentent et doivent être pris en compte dans la baisse du reste à charge, qui ne doit pas être un simple effet mécanique mais une réalité pour les patients !

La part de la prise en charge des dépenses de santé par la Sécurité sociale à tendance à se comprimer au profit des complémentaires santé. Les mutuelles prennent une part de plus en plus active aux remboursements des soins. Conséquence directe : les cotisations augmentent et limitent l’impact de la baisse du reste à charge pour le patient.

Reste à charge zéro : 1 milliard pour les complémentaires

Dans le cadre de la réforme du reste à charge qui se déploiera aux alentours de 2020, les complémentaires santé passent à la caisse. Selon l’organisme Carte Blanche Partenaires, elles devront débourser plus d’1 milliard d’euros.

Rien que pour le dentaire, 500 et 600 millions d’euros de dépenses supplémentaires sont prévues en 2023. dont 266 millions lié à la revalorisation tarifaire des soins  et l’augmentation des remboursements complémentaires sur les couronnes céramo-métalliques.

Avec un tel effort d’1 milliard demandé aux mutuelles pour le dispositif « 100 % santé », les cotisations risquent d’augmenter et donc de freiner la baisse du reste à charge, qui dès lors ne sera qu’une illusion et non une réalité.

Le reste à charge des Français baisse en apparence, mais pas pour tout le monde et des inégalités fortes demeurent. Le pourcentage des patients qui doivent renoncer à un soin dentaire en raison de son prix permettra de voir si la tendance est positive ou négative.

Dans ce contexte, le nombre de français qui décident de se soigner dans un autre pays de l’Union Européenne pour baisser le coût de la facture est en augmentation chaque année.

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