Reste à charge dentaire 0 : un virage vers une dentisterie low-cost?

low cost et reste à charge

Le reste à charge dentaire 0 annonce t-il un virage vers une dentisterie low-cost et de faible qualité en France?

Le reste à charge dentaire 0 pour une partie des soins dentaires doit bientôt voir le jour. Mais la promesse du Candidat Macron continue à soulever des craintes en France. Elles portent sur le financement des paniers de soins et la future qualité des soins. Le virage low-cost est-il proche ?

C’est la grande peur des dentistes et des prothésistes. Face au reste à charge dentaire zéro et au plafonnement d’une partie des prothèses dentaires, ils parlent de « dérive » vers des soins « bas de gamme ». Le syndicat dentaire FSDL allait même jusqu’à prédire en avril 2018 un risque de « descente aux enfers vers la dentisterie low-cost ».

Reste à charge dentaire 0 et low-cost

Le « reste à charge zéro » promis par Emmanuel Macron a déjà été remodelé plusieurs fois. Le dernier projet prévoit de plafonner une partie des tarifs de prothèses dentaires dans les paniers de soins « reste à charge 0 » et « reste à charge modéré ». Les tarifs dans le panier « honoraires libres » resteront quant à eux totalement libres et à la discrétion du praticien.

En contrepartie, les soins conservateurs seront revalorisés et on aura la création de nouveaux actes.

Selon la fédération des prothésistes artisans du dentaire (FPAD), les propositions actuelles « sont une dérive totale vers des soins prothétiques bas de gamme, des prothèses de type CMU ». Entendez par la à bas prix et de basse facture. Car les prothèses à prix fixes et encadrés « seront la proie des importateurs low-cost et des industriels ».

Le but de la réforme est en effet d’instaurer de la concurrence afin de baisser les prix des soins dentaires. Un panier de soins avec reste à charge dentaire 0 devra permettre de lever en partie les obstacles pour se soigner. Rappelons que les prix pratiqués bloquent l’accès aux soins dentaires. Casser les monopoles et générer de la concurrence pour baisser les prix est l’un des stratagèmes gouvernementaux en vue de faciliter l’accès aux soins. Mais la profession grogne.

Un virage vers une dentisterie low-cost ?

La cellule de coordination des dentistes libéraux (CCDeLi) en est convaincue : la réforme « poussera le système vers le low-cost. Les premiers bénéficiaires seront les centres de santé dentaire associatifs, dont le modèle est basé sur des coûts de production bas, la multiplication des actes inutiles voire dangereux ».

Les deux autres syndicats sont moins catégoriques : la CNSD estime avoir été entendue dans ces contre-propositions et « les mesures vont bien dans le sens souhaité » selon l’Union dentaire.

Voir notre article : Panier de soins dentaires : les dentistes retrouvent le sourire

Prothèses dentaires low-cost

Le point de fixation est la prothèse dentaire. Les prix des prothèses dentaires sont complètement déconnectés de la réalité et font l’objet d’un renoncement important aux soins.

Les prothèses dentaires inclues dans le panier « reste à charge dentaire 0 » seront plafonnées à 500 euros d’ici 5 ans et font peser la menace des dentistes low-cost qui n’hésitent pas à s’approvisionner à l’étranger ou réduisent leurs coûts en vue de maintenir leur rentabilité (voir notre dossier sur le dentaire low-cost).

Une dernière séance de négociations est prévue le 4 mai et un nouvel échec aboutirait à un fixation des tarifs par décret. Les organisations professionnelles jouent donc leurs dernières cartes.

Voir notre article : Reste à charge 0, une solution pour faciliter l’accès aux soins ?