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La possible baisse de la part de prise en charge de l’Assurance Maladie à 50% au 1er janvier 2027 fait grincer des dents.

Un décret publié au Journal officiel le 22 août prévoit une nouvelle hausse du ticket modérateur dentaire au 1er janvier 2027.

La part de l’Assurance Maladie, fixée à 60% de la base conventionnelle depuis octobre 2023, pourrait ainsi descendre à 50% en 2027. De quoi faire réagir la profession dentaire et les patients.

Ce qui change en 2027

Si les tarifs des chirurgiens-dentistes restent inchangés, les limites du ticket modérateur évoluent. En clair, la part qui n’est pas remboursée par l’Assurance Maladie devrait augmenter en 2027.

Cette mesure est contestée par les dentistes comme par les patients. Elle risque en effet d’accentuer un renoncement aux soins dentaires, notamment pour certaines catégories de la population et dans certaines zones géographiques. Renforcer les inégalités sur le territoire donc.

Déremboursement de 70% à 50% entre 2023 et 2027

La prise en charge des soins dentaires a déjà diminué le 15 octobre 2023. Elle est alors passée de 70% à 60 % de la base conventionnelle.

La complémentaire santé est ainsi appelée à couvrir 40% au lieu de 30% précédemment, pour les assurés disposant d’un contrat adapté.

A noter que les pourcentages s’appliquent à la base de remboursement de la Sécurité sociale (BRSS), et non au montant réellement facturé.

Quels remboursements concrets en 2027 ?

À tarifs conventionnels inchangés et avec une prise en charge fixée à 50%, voici l’effet prévisible sur quelques actes courants.

ActeBase convention actuelleTaux de remb. 60%Taux de remb. 50%Différence
Consultation23,00 €13,80 €11,50 €– 2,30 €
Détartrage28,92 €17,35 €14,46 €– 2,89 €
Traitement d’une carie deux faces52,00 €31,20 €26,00 €– 5,20 €
Dévitalisation d’une molaire104,00 €62,40 €52,00 €– 10,40 €
Extraction d’une dent permanente39,00 €23,40 €19,50 €– 3,90 €
Couronne avec une base de remboursement de 120 €120,00 €72,00 €60,00 €– 12,00 €

Ces calculs sont donnés à titre indicatif. Le remboursement final dépend également de la situation de l’assuré et de son contrat complémentaire.

Non au déremboursement des soins dentaires

Face à cette réforme, les dentistes français se mobilisent. Une pétition en ligne contre le déremboursement des soins dentaires a déjà recueilli plus de 13.000 signatures.

« Soigner une dent coûtera toujours le même prix. Les honoraires du chirurgien-dentiste ne changent pas. La baisse du remboursement par l’Assurance maladie ne fait disparaître aucune dépense : elle la transfère sur les patients ! » – extrait de la pétition contre la baisse des remboursements.

Signer la pétition en ligne 

Le rôle croissant des mutuelles et complémentaires

Il ne s’agit pas d’une hausse de 10% du prix, mais d’un transfert de 10 points de la base de remboursement de l’Assurance Maladie vers les complémentaires santé ou, en leur absence, vers le patient.

Pour un assuré couvert par une complémentaire responsable ou prenant en charge le ticket modérateur, il n’y aura pas d’effet visible direct.

La réforme va surtout modifier la répartition entre les financeurs : l’Assurance Maladie paierait moins et la complémentaire davantage.

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Transfert de financement vers les complémentaires

Cette évolution correspond à un transfert de charge vers les complémentaires santé. La mesure renforce ainsi davantage la contribution des organismes complémentaires au financement des soins dentaires en France.

Le désengagement progressif de l’Assurance Maladie à également des répercutions pour les patients. Bien qu’il soit encore difficile à mesure, l’augmentation de la part couverte par les mutuelles entraînera en effet mécaniquement une hausse des cotisations pour les assurés.

Effets sur les patients et le reste à charge

Chaque patient ne verra pas immédiatement son reste à charge augmenter. En revanche, les dépenses supplémentaires supportées par les complémentaires pourraient exercer une pression sur les cotisations futures.

Pour une personne sans complémentaire santé, la conséquence est plus directe : la part non remboursée sur la base conventionnelle passerait alors de 40% à 50%.

La charge financière portera finalement sur les patients qui devront payer la différence, directement ou via leur mutuelle.

Quels sont les patients concernés?

Ce désengagement de l’Etat aura des conséquences sur les Français les moins couverts. Retraités, jeunes adultes ou encore chômeurs seront les principaux concernés, ainsi que les Français dénués de complémentaire santé.

Les soins dentaires conservateurs comme le détartrage, la dévitalisation, l’extraction d’une dent, ainsi que certaines prothèses dentaires continueront d’être intégralement pris en charge, mais à condition de disposer d’une mutuelle.

Selon une étude de la DREES publiée en avril 2026, 3,4% de la population en France ne disposait d’aucune complémentaire en 2023 (hors Mayotte). Cette proportion atteignait 7% parmi les personnes vivant sous le seuil de pauvreté et avoisinait 10% chez les chômeurs.

Des traitements plus lourds et plus invasifs

« Chaque jour dans nos cabinets, nous rencontrons des retraités, des jeunes, des travailleurs aux revenus modestes ou des personnes sans couverture complémentaire optimale. Pour eux, l’accumulation des restes à charge peut conduire à différer des soins », écrit un syndicat dentaire.

En conséquence, des traitements plus lourds et plus invasifs pourront s’avérer indispensables. Des soins initialement simples peuvent devenir urgents lorsque le patient les reporte trop longtemps. Ces traitements plus importants, comme une prothèse ou un implant, auraient peut-être pu être évités avec une prise en charge précoce.

Une dégradation de la santé bucco-dentaire

Au-delà de l’aspect financier, l’impact sur la santé bucco-dentaire des Français en 2027 peut donc se faire ressentir.

Une bonne santé dentaire participe à l’alimentation, à la parole, à la vie sociale et à la prévention de la douleur. L’UFSBD rappelle également les liens entre l’état bucco-dentaire, certaines maladies chroniques, la dénutrition et la perte d’autonomie.

Pourquoi les dentistes contestent la mesure ?

Les principaux syndicats demandent le retrait du décret. Ils estiment que la baisse du financement public des soins conservateurs fragilise la prévention et risque d’amener certains patients à différer des traitements simples. Une carie non traitée peut évoluer et nécessiter ultérieurement des soins plus complexes, comme une dévitalisation, une extraction ou une restauration prothétique.

« La santé bucco-dentaire n’est ni un soin de confort ni une prestation accessoire. Désengager l’Assurance maladie des soins conservateurs, c’est ne plus prévenir des pathologies systémiques plus graves et plus coûteuses », prévient le syndicat des Chirurgiens-Dentistes de France.

Les dentistes soulignent également que les avis du conseil de la Cnam et de l’Union nationale des organismes d’assurance maladie complémentaire ont été défavorables.

Soins courants et 100 % Santé

Le détartrage, le traitement d’une carie, la dévitalisation ou l’extraction d’une dent sont des soins courants remboursables. C’est précisément sur ces soins conservateurs que les professionnels redoutent le report ou le renoncement aux soins.

L’offre 100 santé dentaire concerne certaines couronnes, bridges et prothèses amovibles. Lorsqu’un traitement, ses matériaux et sa localisation répondent aux critères du panier, il peut être intégralement pris en charge dans la limite des tarifs fixés, pour les patients disposant d’une complémentaire santé responsable.

Le décret indique par ailleurs que resteront protégés :

  • les soins en lien avec une affection de longue durée lorsqu’ils ouvrent droit à une prise en charge à 100 % ;
  • les bénéficiaires de la Complémentaire santé solidaire, pour lesquels aucun reste à charge supplémentaire n’est annoncé ;
  • les soins dentaires relevant du panier 100% Santé ;
  • les rendez-vous annuels du programme M’T dents tous les ans ! pour les publics concernés.

La réforme ne produira donc pas le même effet pour tous : tout dépendra de l’acte, de la couverture complémentaire et de la situation du patient.

FAQ sur le déremboursement des soins dentaires

Le remboursement des soins dentaires passera-t-il forcément à 50 % en 2027 ?

Le décret fixe à partir du 1er janvier 2027 une nouvelle fourchette de ticket modérateur comprise entre 50 et 60 %. Il ouvre donc la voie à une prise en charge de 50 % par l’Assurance Maladie, mais le taux précis doit être confirmé par l’Uncam.

Le prix payé au dentiste va-t-il augmenter à cause du décret ?

Pas directement. La répartition du remboursement change, mais pas les honoraires. Le reste à charge pourra toutefois augmenter dans certains cas.

Les soins dentaires conventionnés sont-ils touchés par le déremboursement ?

Pas directement. Les soins courants, comme le détartrage ou le traitement d’une carie, continueront d’être intégralement pris en charge si le dentiste est conventionné et avec sa mutuelle.

Les implants dentaires seront-ils remboursés à 50 % ?

Non. Le passage à 50 % ne rend pas remboursables les actes qui ne le sont pas aujourd’hui. L’implant et le pilier restent hors prise en charge obligatoire. Seule la couronne sur implant peut bénéficier d’une base de remboursement dans certaines conditions.

La mutuelle remboursera-t-elle automatiquement les 50 % restants ?

Tout dépend des soins. Une complémentaire responsable couvre normalement le ticket modérateur des actes inclus dans ses garanties, mais les dépassements ou les actes non remboursables obéissent à d’autres règles. Ainsi, une base de remboursement à 100% ne signifie pas toujours un remboursement intégral.

L’avis de l’expert : ce qu’il faut retenir

Le décret du 21 août 2026 rend possible un relèvement du ticket modérateur dentaire à partir du 1er janvier 2027. Le passage annoncé de 60 à 50 % de la part de l’Assurance Maladie constituerait la deuxième baisse en un peu plus de trois ans.

Pour les patients correctement couverts, l’effet immédiat pourrait être une hausse du tarif des cotisations, mais n’est pas automatique, ni encore chiffrable.

Pour les personnes sans mutuelle ou insuffisamment couvertes, le reste à charge pourrait augmenter directement, notamment pour les traitements non conventionnés ou hors du dispositif 100% santé.

Dans l’attente de la décision définitive fixant précisément les taux applicables, les patients prendront soin de vérifier leur contrat et demander un devis avant tout traitement prothétique, et à ne pas reporter les soins conservateurs indispensables au maintien d’une bonne santé bucco-dentaire.

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Sources vérifiées au 15 septembre 2026

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